Il est plutôt rare de retrouver le qualificatif « excitant » dans la même phrase qu’Ottawa. Pourtant, il faudra peut-être s’y faire lorsqu’on parlera des Sénateurs cette saison. J’ai eu l’occasion de discuter avec plusieurs joueurs lors d’un tournage au Centre Canadian Tire en septembre et il est évident que la série contre les Maple Leafs de Toronto a éveillé quelque chose au sein du vestiaire.
« Je pense que ça a changé notre mentalité. Le but, c’était de faire les séries, maintenant c’est devenu le standard », m’a lancé tout de go Thomas Chabot.
Le vétéran défenseur est celui qui détient le plus d’ancienneté à Ottawa, lui qui y disputera sa neuvième campagne. Il lui a fallu 512 matchs de saison régulière avant de finalement pouvoir accéder aux éliminatoires. Les Sénateurs ont échappé les trois premiers duels contre Toronto, dont deux en prolongation, avant de remporter les deux suivants. Les Leafs ont mis fin à la série en six matchs, non sans quelques sueurs froides.
Aux yeux de David Perron, vainqueur de la Coupe Stanley avec les Blues de St. Louis en 2019, cette expérience vaut son pesant d’or.
« C’est énorme. Ça enlève beaucoup de pression individuellement sur plusieurs joueurs qui sont ici depuis longtemps, qui se faisaient questionner année après année. Est-ce que tu fais partie de la solution ou pas? (…) Enfin, on a cassé la glace de ce côté-là. Ils ont levé le plus gros poids pour l’organisation et la reconstruction. »
Moins de pression sur les épaules des individus? Possible. Envers l’équipe? Aucunement. Les Sénateurs devront livrer la marchandise parce qu’ils ont les outils pour le faire. Le talent des Brady Tkachuk, Tim Stützle, Drake Batherson et Shane Pinto est indéniable. À cela s’ajoute un mélange d’expérience et de robustesse qui devrait permettre à l’attaque de miser sur quatre trios intéressants. À la ligne bleue, le top-4 demeure stable et apportera sa part d’attaque, principalement de la part du spectaculaire Jake Sanderson. Les Sens ont tout intérêt à tirer le maximum de leur groupe actuel, alors que six vétérans, dont David Perron et Claude Giroux, pourraient se retrouver sur le marché des joueurs autonomes en juillet prochain.
Il faudra impérativement limiter les erreurs en défense, une faiblesse attribuable à l’ensemble de la formation année après année. Le duo de gardiens n’est pas en reste. Même si Linus Ullmark ne répète pas ses exploits accomplis à Boston, Ottawa est en droit d’espérer qu’il justifie son contrat de quatre ans, d’une valeur de 33 millions de dollars. L’an dernier, le Suédois a été limité à 44 départs durant la saison régulière en raison des blessures. S’il reste loin de l’infirmerie, le cerbère de 32 ans a encore de bonnes performances à offrir et devra « voler » sa part de matchs. Espérons qu’il sera épaulé par le Levi Merilainen qui a récolté huit victoires lors de ses douze présences l’an dernier, et non celui qui n’a rien cassé durant les matchs préparatoires.
« L’avantage cette année est que nos joueurs comprennent notre façon de jouer et savent ce que ça donne lorsque nous respectons le plan de match à la lettre », a déclaré Travis Green aux collègues d’Ottawa lundi, à la suite des dernières coupures.
À sa deuxième saison à la barre de l’équipe, une de ses priorités sera assurément que les victoires s’accumulent avec plus de constance, et ce, dès les premières semaines d’hostilités. L’automne dernier, Ottawa n’a remporté que huit de ses vingt premiers matchs, incluant une baisse de régime presque devenue traditionnelle en novembre.
Reste à voir quel portrait prendra la division Atlantique. On sait déjà que la rivalité avec le Tricolore fera encore des flammèches. Mais est-ce que les Sénateurs seront meilleurs que les Maple Leafs sans Mitch Marner? Pourront-ils surpasser les deux équipes de la Floride? Nous aurons un début de réponse dès le début de la saison puisque le Lightning et les Panthers seront leurs deux premiers adversaires.
Ottawa n’a pas encore le profil d’une équipe prétendante à la Coupe Stanley, mais a tout le potentiel nécessaire pour accéder aux séries éliminatoires. Nous voici donc à l’aube d’une autre saison remplie de promesses. Il est plus que temps que ça commence!



