Tout est finalement en place au hockey féminin à Milan-Cortina. Les deux grandes favorites, les Canadiennes et les Américaines se retrouveront à nouveau jeudi avec à l’enjeu la médaille d’or olympique (match présenté à 13 h sur RDS2). Si le Canada a eu le dessus historiquement sur sa rivale, les États-Unis ont largement dominé les plus récents affrontements.
C’est un défi de taille qui attend Marie-Philip Poulin et ses coéquipières jeudi à Milan. Le Canada a accédé à la finale pour une huitième fois consécutive, depuis l’instauration du hockey féminin aux Jeux olympiques d’hiver, grâce à une victoire de 2-1 face à la Suisse.
« Je pense que c’est un tournoi et ça fait six matchs qu’on a », a expliqué Poulin. « À la fin de la journée, c’est un match. C’est la médaille d’or qui s’en vient. Il y a encore du travail à faire, mais c’est une équipe qui a du cœur et qui est déterminée, qui va tout laisser sur la glace. » a conclu la capitaine canadienne.
Depuis l’arrivée du hockey féminin aux jeux, le Canada a eu le dessus sur sa rivale à quatre reprises lors du match de la médaille d’or. Malgré une défaite à Nagano par la marque de 3-1 en 1998, le Canada a remporté trois affrontements consécutifs face aux Américaines en finale, en plus d’ajouter une médaille d’or face à la Suède, lors de la seule finale sans les États-Unis, à Turin en 2006.
C’est à Vancouver que la légende de Poulin a commencé à s’écrire. Depuis 2010, « Capitaine Clutch » a inscrit deux buts dans trois des quatre matchs pour la médaille d’or auxquels elle a participé. La seule ombre à son tableau : PyeongChang en 2018, où elle n’a inscrit qu’un seul but dans une défaite en tirs de barrage du Canada.
Si les scores ont varié à Nagano (3-1 pour les États-Unis) et à Vancouver (2-0 pour le Canada), les quatre autres rencontres nous ont donné des marques finales de 3 à 2. Le Canada l’avait notamment emporté par ce pointage grâce à Poulin en prolongation à Sotchi en 2014, tandis que Jocelyne Lamoureux avait marqué le but de la victoire en tirs de barrage à PyeongChang en 2018.
Le passé peut-il encore être gage du présent?
« C’est ça la beauté du hockey », a souligné la gardienne Ann-Renée Desbiens au sujet du prochain affrontement face aux États-Unis. « Chaque fois que la rondelle retombe pour la mise au jeu au début, ça recommence à zéro. Et un match pour la médaille d’or aux Olympiques, tout peut arriver. J’ai confiance dans ce groupe-là. J’ai confiance aux joueuses qu’on a dans le vestiaire; beaucoup de caractère. Et puis, on sait ce qu’on doit faire. Il faut juste être capable de le faire pendant 60 minutes. »
Ce n’est pas sans raison que Desbiens a mentionné l’idée de remettre les compteurs à zéro. Malgré les glorieuses victoires du passé, les récentes rencontres entre les deux formations brossent un tout autre portrait de la situation.
Les deux équipes se sont affrontées aux derniers Championnats du monde en Tchéquie en avril 2025 et lors de la série de la rivalité en novembre dernier. Lors de ces six rencontres, les Américaines l’ont emporté six fois, ont inscrit 30 buts et n’en ont accordé que 11 au Canada. Lors de la finale, Tessa Janecke a donné la victoire aux siennes en prolongation.
Depuis le début des Jeux olympiques, le rouleau compresseur américain a continué de ne faire qu’une bouchée de ses adversaires. Menés notamment par le brio d’Hannah Bilka avec quatre buts, d’Abbey Murphy avec cinq passes et Caroline Harvey avec neuf points, les États-Unis ont inscrit 31 buts en six rencontres et n’en ont concédé qu’un seul en retour, lors de leur premier match face à la Tchéquie. Les gardiennes américaines ont maintenant une séquence de 331 minutes et 23 secondes sans avoir accordé de filets à l’adversaire.
Le dernier affrontement entre les deux équipes à Milan a donc été à l’image des derniers duels entre les deux équipes. Une défaite cinglante du Canada par la marque de 5 à 0, où l’équipe américaine n’a laissé que des miettes à sa rivale.
Est-ce un présage du sort qui attend les deux équipes en finale? Peut-être pas. D’abord parce que « Capitaine Clutch » n’était pas dans la formation du Canada pour ce match. Et parce que cette rivalité a l’habitude de se décider par un seul but… ou deux de Poulin…






