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Le match de la Coupe du Monde de la FIFA 2026™ entre Haïti et l’Écosse sera présenté samedi dès 20 h 45 sur RDS et ses plateformes.
GALLOWAY, États-Unis - La qualification pour la Coupe du monde de Haïti, petit pays des Caraïbes en proie au chaos, a tout du conte de fée, mais les Grenadiers n’ont pas l’intention de s’en contenter: ils espèrent désormais marquer les esprits, et ce dès samedi face à l’Ecosse.
Classés 83e au classement FIFA, les Haïtiens joueront à Boston leur premier match de Coupe du monde depuis 1974 dans un des groupes les plus relevés du tournoi qui compte aussi le Brésil et le Maroc. Légitimement présenté comme le Petit Poucet du groupe C, Haïti pense pouvoir créer la surprise.
« Je suis fier pour le peuple haïtien. On sait qu’il y a souvent une mauvaise image du pays, qui a des difficultés, et aujourd’hui on sait que ça fait énormément de bien au pays, au peuple, à ma famille », assure à l’AFP le milieu de terrain vedette Jean-Ricner Bellegarde.
« J’espère qu’ils sont fiers de nous, c’est comme une fête pour eux et on va profiter au maximum », ajoute le natif de Colombes, en banlieue parisienne, qui joue à Wolverhampton.
Il fait partie des nombreux joueurs nés à l’étranger que le sélectionneur, le Français Sébastien Migné, a su convaincre de rejoindre l’équipe nationale. Bellegarde a joué un rôle clé dans le parcours de Haïti, qui a terminé devant le Costa Rica lors des qualifications de la zone Concacaf.
« Maintenant on va prendre les matches les uns après les autres, essayer de donner le meilleur de nous-même, et on verra ou ça nous mènera », a-t-il affirmé après une séance d’entraînement au camp de base de la sélection à l’Université Stockton, près d’Atlantic City, à laquelle ont assisté des enfants des écoles alentours et des supporters haïtiens vivant aux États-Unis.
Le gouvernement américain a suspendu tous les visas de tourisme ou d’immigration depuis Haïti, un pays miné depuis des années par l’instabilité politique et la criminalité des gangs. Selon l’ONU, près de 1,5 million de personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays en raison des violences des groupes criminels qui contrôlent une partie du pays.
L’équipe, qui n’a pas pu disputer ses matchs de qualification ni organiser un stage de préparation à domicile à cause de la situation sécuritaire, bénéficiera toutefois du soutien de l’importante communauté haïtienne aux États-Unis. Elle en a déjà eu un aperçu lors des deux matches amicaux disputés en Floride début juin.
« Faire passer un message »
« Je pense que beaucoup de gens ont pu voir quand nous avons joué à Fort Lauderdale et à Miami, le soutien que nous avons reçu et l’ambiance qu’il y avait », rappelle Derrick Etienne, l’ailier du Toronto FC, un club de MLS.
« Ne pas pouvoir jouer à domicile est évidemment difficile, mais nous voulons faire quelque chose pour le pays, aider à relancer les choses, attirer l’attention sur ce qui s’y passe et changer le statu quo », ajoute Etienne, né à Richmond, en Virginie, mais dont la famille vit en Haïti.
Il faisait partie de l’équipe demi-finaliste de la Gold Cup aux États-Unis en 2019. À 29 ans, il cherche maintenant à gagner un premier match de Coupe du monde. En 1974, Haïti avait perdu ses trois rencontres, encaissant 14 buts.
« Nous essayons de faire quelque chose qui n’a jamais été fait, dit-il. Nous savons que c’est difficile, mais nous avons beaucoup de confiance en nous. Nous n’avons pas grand-chose à perdre et tout à gagner. »
La démonstration (4-0) contre la Nouvelle-Zélande, un autre qualifié pour le tournoi, la semaine dernière a servi d’avertissement et les Grenadiers comptent sur l’attaquant de Sunderland Wilson Isidor pour faire la différence.
« Il est direct, puissant, bon techniquement et il sait conclure », souligne Derrick Etienne.
Isidor, 25 ans et né à Rennes d’un papa haïtien, a rejoint la sélection en mars après avoir porté le maillot bleu chez les jeunes. « J’espère vivre de grandes aventures avec l’équipe nationale. Nous sommes venus faire passer un message et montrer que nous ne sommes pas seulement une petite nation en difficulté », assure-t-il.




