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Le premier match du Canada à la Coupe du Monde de la FIFA 2026™ vous sera présenté dès 15 h et sera précédé d’un avant-match à 13 h 30 sur RDS et ses plateformes.
TORONTO – À peine installé dans ses nouvelles fonctions de sélectionneur de l’équipe masculine canadienne, Jesse Marsch s’était imposé une tournée pancanadienne pour apprendre à connaître le territoire auquel il venait de prêter allégeance et se présenter aux gens qui le peuplent. Le 16 juillet 2024, il a donné une conférence de presse intime dans une minuscule salle du Centre Nutrilait à Montréal.
Deux ans plus tard, le contraste était frappant. Sous une espèce de grand chapiteau aménagé près du BMO Field, Marsch s’est présenté devant plusieurs dizaines de journalistes provenant d’un peu partout dans le monde. La pièce était vaste, le décor intimidant, mais son niveau d’aisance était le même que s’il avait pris un café en tête-à-tête avec chacun de ses occupants.
Vers la fin de sa conférence de presse, Marsch s’est mis à parler de pression et des différentes façons de l’absorber. « On en veut, de la pression, on veut être là quand ça compte. Moi, j’adore me tenir dans le rectangle du coach quand le stade est plein, que la tension est élevée et que tout le monde pense que je suis un idiot! »
Réaction prévisible : son auditoire a pouffé de rire. C’est bien le genre de Marsch, détendre l’atmosphère avec une blaguette. Il est la preuve qu’on peut semer la légèreté sans prendre les choses à la légère.
Parce que ne vous trompez pas : Marsch, un féroce compétiteur, est absolument obsédé par une et une seule chose ces jours-ci. Tout ce qu’il a fait pendant les deux dernières années a servi à préparer les prochaines semaines.
On a tellement parlé de cette Coupe du monde en sol canadien. Elle est là, enfin. Aussi bien en profiter, a-t-il voulu transmettre à ses joueurs.
« On sait tous que c’est une occasion spéciale. [...] Je crois qu’on comprend très bien dans quoi on s’est embarqués. Mais si vous gagnez votre vie dans le monde du soccer, c’est là que vous voulez être, non? Je suis venu diriger le Canada parce que j’aimais les joueurs et je croyais qu’ils cadraient bien dans ma philosophie de jeu, mais je suis aussi venu pour être leur leader à cette Coupe du monde. Je voulais cette responsabilité. »
« [Stephen Eustaquio] veut porter ce brassard de capitaine. Quel rêve, n’est-ce pas, être le capitaine d’une équipe hôtesse à une Coupe du monde! Personne n’a peur de ça. En fait, c’est pour ça qu’on fait ce qu’on fait. »
Toute la semaine, les joueurs de Marsch ont été questionnés sur l’importance de ce qu’ils s’apprêtaient à vivre. Toute la semaine, ils ont agi comme s’il s’agissait d’une petite marche du dimanche au centre d’achat.
« C’est évident que ça va être un moment spécial, tout le monde a hâte, mais je ne crois pas que personne ne se laisse emporter par les émotions, a dit le défenseur Derek Cornelius. Si on gagne vendredi, on aura un autre match à préparer alors il n’y aura pas de raison de s’énerver avec ça. »
On a beaucoup parlé de la pression qui pouvait accompagner la responsabilité de jouer une Coupe de monde à la maison. Jeudi, Stephen Eustaquio s’est fait demander si, à l’inverse, ça ne venait pas avec une rassurante familiarité. Marsch a probablement adoré la question.
« Je crois que ça aide, a approuvé le milieu de terrain. On connaît ce tunnel, on connaît ce terrain, on connaît le stade, on sait que les Voyageurs seront là avec nous. Pour moi, c’est évident que le fait de jouer au BMO Field est une très bonne chose pour nous. On a livré plusieurs bonnes performances ici et je crois que ça sera à notre avantage demain. Ceci étant dit, il y aura quand même un match à jouer. »
Un adversaire coriace
Ce match, il faut s’attendre à ce qu’il soit difficile pour le Canada. La Bosnie-Herzégovine n’est pas l’équipe la plus talentueuse du tournoi et ne sera certainement pas la favorite pour l’emporter vendredi. En conférence de presse, son entraîneur Sergej Barbarez a mentionné au moins trois fois le mot « underdogs » pour décrire ses hommes.
Des négligés qui n’ont pas volé leur place à ce Mondial, avec des victoires contre le Pays de Galles et l’Italie en matchs de barrage. Partout, il est question de leur acharnement, de leur ténacité, de leur esprit de guerrier.
« On parle beaucoup de notre mentalité, est conscient Barbarez, qui a lui aussi pris la tête de son équipe en 2024. Ce n’est peut-être pas typique d’une équipe des Balkans, mais on voit la Croatie se l’approprier avec succès, alors pourquoi pas nous? Nous sommes des voisins et notre sentiment d’appartenance pour notre pays est le même que les Croates ont pour le leur. C’est pour ça qu’on a voulu bâtir une mentalité forte avec des joueurs de caractère. »
Le match est important pour plusieurs raisons pour le Canada. Avec une équipe plus faible (le Qatar) et une autre plus forte (la Suisse) dans son groupe, son duel contre la Bosnie est déjà vu comme un moment clé dans sa quête d’une place au tour éliminatoire.
Eustaquio a aussi parlé des conséquences néfastes d’une défaite en début de compétition.
« La meilleure leçon qu’on peut retenir du Qatar, c’est que ce premier match est super important. Si on le perd, on se retrouve sous une pression encore plus grande pour le deuxième, ce qui n’est pas évident. Alors on veut bien commencer le match demain, tout en gardant en tête que si on prend les devants, le travail ne sera pas terminé. La Bosnie l’a montré dans le passé. C’est quand elle est dans le dur qu’elle commence vraiment à pousser. »
La pression. Les Canadiens n’y échapperont pas. Reste à voir comment ils arriveront à la gérer.





