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TORONTO – Cyle Larin n’est pas parfait – qui d’entre nous l’est? – mais s’il y a une chose dont il ne manque pas, c’est de la confiance en ses moyens.
Larin est arrivé à cette Coupe du monde dans ce qui avait toutes les allures d’une léthargie. Quatorze matchs sans marquer en équipe nationale, deux buts à ses 25 derniers matchs. Son dernier, son seul depuis l’entrée en poste de Jesse Marsch, remontait au mois d’octobre 2024.
Pourtant, à l’entendre cette semaine pendant les derniers préparatifs de l’équipe canadienne, il ne semblait pas préoccupé par ses problèmes de finition. En fait, c’est à peine s’il en assumait la responsabilité.
« À Southampton, on me donne le ballon et je le mets au fond du but, a-t-il répondu en référence au club de deuxième division anglaise où il a terminé la dernière saison. C’est ce qui arrivera si je joue plus souvent ici, si je suis plus de matchs avec [Jonathan David]. En 2021, on jouait tous les matchs ensemble et je marquais plus de buts. Il suffit de retrouver ce rythme. »
Ce que les chiffres disent, c’est que sous les ordres de Marsch, Larin avait, avant le début de la Coupe du monde, été titularisé dans 17 des 25 matchs pour lesquels il était disponible. David était à ses côtés dans 15 de ces 17 matchs.
Jesse Marsch avait démontré des signes d’agacement envers Larin après le dernier match préparatoire contre l’Irlande. Cette impression s’est confirmée quand le numéro 9 a été écarté du onze partant au profit de Tani Oluwaseyi vendredi contre la Bosnie-Herzégovine.
Dans un rôle de substitut, Larin s’est pointé dans le match à la 76e minute. Il avait à peine eu le temps de mouiller son maillot quand il a reçu un alléchant ballon de Promise David dans la surface. En deux touches, il s’est retourné et l’a logé à l’extrémité droite du but, hors de la portée des gants du gardien Nikola Vasilj.
C’était son 31e but en équipe nationale, à n’en point douter le plus important de sa carrière. Dans une douzaine de jours, le point qu’il a permis au Canada de décrocher pourrait faire la différence entre une élimination précoce et une exploration au-delà de la phase de groupes.
« Je veux jouer tous les matchs et j’ai travaillé fort en club toute la saison pour jouer tous les matchs, a dit Larin à TSN à sa sortie du terrain. Je ne contrôle pas tout, mais j’ai le contrôle quand j’entre sur le terrain et aujourd’hui, j’ai montré que je devrais jouer. »
« Je savais que Cyle ne serait pas enchanté de ne pas commencer le match, a réagi Marsch en conférence de presse. On en a brièvement parlé. Je lui ai dit qu’il avait eu une excellente saison à Southampton. Que ce soit comme partant ou comme remplaçant sur le banc, il a eu un impact dans chaque match. Il devait comprendre quel était son rôle aujourd’hui et il l’a fait. »
Le but a semé l’hystérie dans le camp canadien. D’abord à cause de son importance évidente dans la poursuite de l’objectif de l’équipe : « Je pensais que j’allais m’évanouir, a lâché Ismaël Koné. C’était fou parce que j’avais l’impression qu’on avait fait tout ce qu’on devait faire pour se donner une chance de marquer. On poussait le match, on avait le momentum, on se créait énormément de chances. Je pense qu’on le méritait. Ça a été un gros soulagement. »
Mais aussi parce que Larin est un vétéran apprécié du vestiaire. Tout le monde a pris plaisir à le voir en mettre une dans les dents de ses détracteurs.
« Je ne sais pas si vous avez vu la réaction des gars sur le banc quand il a marqué, a demandé Oluwaseyi aux reporters venus à sa rencontre. C’était évidemment un but super important pour lui, mais il l’était tout autant pour nous. Tout le monde dans l’équipe l’adore. On sait qu’il a reçu sa part de critiques, mais il est l’un des meilleurs, sinon le meilleur joueur à avoir porté le maillot canadien. C’était magique de le voir marquer. »
« Cyle fait partie de ces gars qui étaient dans le programme à une époque où il n’y avait pas de journalistes qui couvraient les matchs, a lancé Alistair Johnston. À la fin de sa carrière, il sera reconnu comme l’un des plus grands joueurs de l’histoire de ce pays. Parfois, j’ai l’impression qu’il ne reçoit pas le respect qu’il mérite. »
Pour l’instant, le but de Larin devrait au minimum lui valoir un retour dans la formation de départ de Marsch. Avec les difficultés répétées de ses joueurs de concrétiser leurs chances, l’entraîneur ne peut se permettre de ne pas aller vérifier s’il ne vient pas de réveiller la bête qui dormait.
« J’ai montré à plusieurs reprises que je pouvais marquer des buts pour ce pays, je l’ai fait encore aujourd’hui et je vais continuer de le faire », a prédit Larin avant de quitter le stade.
On vous avait dit qu’il ne manquait pas de confiance.




