VANCOUVER — En assistant au premier match de la Coupe du monde de soccer masculin de la FIFA disputé en sol canadien, Peter Montopoli a ressenti de la gratitude et du soulagement.
Le directeur du tournoi au Canada a consacré la dernière décennie à œuvrer pour que le pays accueille le plus grand événement de soccer au monde. Maintenant qu’il y est, Montopoli estime que tous ces efforts ont porté leurs fruits.
« C’est assez impressionnant de voir l’enthousiasme du pays, de voir à quel point tout le monde était captivé par l’événement, a-t-il déclaré. Tout le monde aime la Coupe du monde, mais pourquoi ne pas être ambitieux dans l’organisation de ce match? C’était un soulagement et une récompense pour le pays. »
Montopoli était au stade de Toronto vendredi, lorsque le Canada a amassé un premier point historique à ce tournoi grâce à un verdict nul de 1-1 face à la Bosnie-Herzégovine.
Le lendemain, il était à Vancouver avec le président de la FIFA, Gianni Infantino, pour le premier match dans la ville, où l’Australie a battu la Turquie 2-0.
Selon Montopoli, Infantino s’est rendu à Vancouver à de nombreuses occasions, mais n’avait jamais vu le stade, le BC Place, paré pour la Coupe du monde.
« Il y a un stade, et puis il y a un stade de la FIFA, a-t-il affirmé. Il a été émerveillé par le spectacle. On voyait bien qu’il était conquis par l’apparence et l’atmosphère du stade, ainsi que par l’accueil chaleureux du public. »
Le tournoi de cet été est le plus important jamais organisé, avec 48 équipes qui disputeront 104 matchs au Canada, aux États-Unis et au Mexique, du 11 juin au 19 juillet. Toronto en accueillera six, tandis que Vancouver sept.
Le directeur parlementaire du budget a publié un rapport le mois dernier estimant que le gouvernement fédéral dépensera 473 millions de dollars pour organiser les matchs, auxquels s’ajouteront 593 millions $ provenant d’autres paliers de gouvernement.
Le rapport indique que la moyenne de 82 millions $ par match correspond aux dépenses des pays hôtes précédents.
Depuis dix ans, une grande partie du travail de Montopoli consiste à convaincre les gens que l’organisation de la Coupe du monde est pertinente pour le pays, puis à les encourager à investir un maximum de ressources pour en faire un événement exceptionnel.
« Nous avions des exigences élevées ici au Canada, a-t-il fait entendre. Nous avons simplement tenté de montrer pourquoi les gens s’engagent dans cet événement, et pour qui ils le font. À bien des égards, nous le faisions pour le Canada, pour le soccer. »
Le tournoi ne se résume pas aux matchs au stade de Toronto et au BC Place, a-t-il ajouté.
Dès le départ, la candidature du Canada comprenait des plans visant à diffuser l’énergie et l’enthousiasme de la Coupe du monde dans le plus grand nombre de régions possible du pays.
La FIFA a apporté le trophée doré dans sept villes du pays en avril et en mai, et organise actuellement «Canada en fête», une tournée de 40 arrêts comprenant des retransmissions, des spectacles et des activités sur le thème du soccer.
Toronto et Vancouver organisent également des festivals pour les partisans, et Montopoli a visité celui de Vancouver dimanche, qu’il a louangé.
« C’est tellement beau de voir comment tout le monde s’entend bien, a-t-il déclaré. Tout le monde se tape dans la main, tout le monde vit une expérience formidable. C’est la Coupe du monde du peuple, c’est comme ça que ça devrait être. Et c’est tout simplement magnifique de voir tous les pays représentés ici à Vancouver pour une Coupe du monde. Magnifique. C’est une question d’humanité. »
Montopoli, ancien secrétaire général de Soccer Canada, croit que la véritable beauté de l’organisation de la Coupe du monde est encore à venir.
Bien que le tournoi ait des retombées économiques, il entrevoit un impact durable encore plus important sur le soccer à travers le pays.
« Ça va changer le sport, a-t-il insisté. Il faut simplement impliquer davantage de gens dans le sport pour le rendre plus grand et meilleur. C’est le sport mondial, alors pourquoi ne le serait-il pas au Canada? C’est ce que j’ai toujours pensé. »
Le soccer est déjà le sport le plus populaire au Canada, et l’organisation de ces 13 matchs à Vancouver et à Toronto stimulera les investissements et montrera aux jeunes qu’il existe un chemin vers le plus haut niveau, a dit Montopoli.
Il a souligné que Toronto avait déjà accueilli la Coupe du monde des moins de 20 ans, en 2007, et que l’impact de ce tournoi se fait encore sentir aujourd’hui au BMO Field, rebaptisé stade de Toronto pour la Coupe du monde.
« Je pense qu’il est temps de mobiliser tous les acteurs autour de ce sport, d’inciter les jeunes à aspirer à devenir des athlètes de l’équipe nationale, à devenir des joueurs de soccer professionnels, a-t-il exprimé. Dans notre pays, ils aspirent peut-être à devenir des joueurs de hockey ou autre chose. Mais il n’y a rien de mal à vouloir devenir un joueur de soccer, et maintenant, on voit bien que des opportunités existent. »
Quant à son propre avenir, Montopoli est moins clair.
Il a consacré des décennies à façonner et à encadrer le soccer au Canada, et il n’a pas encore réfléchi à ce qu’il fera après la Coupe du monde.
« Je suis simplement reconnaissant de l’opportunité qui m’est offerte de faire ça pour le soccer, pour le Canada, et nous verrons ce que l’avenir nous réserve, a-t-il déclaré. Je suis heureux de laisser la prochaine génération faire son travail. Ça me suffirait amplement. »






