COLLABORATION SPÉCIALE
Ce qui distingue les divisions Centrales des divisions Est et Ouest, c’est cette impression constante que tout peut arriver. Ici, pas de géants financiers qui écrasent la concurrence année après année (à l’exception relative des Cubs de Chicago). Ce sont des divisions où l’ingéniosité remplace le chéquier, où le développement devient une arme, et où les cycles compétitifs sont souvent plus courts... et imprévisibles.
Des organisations comme les Brewers de Milwaukee et les Guardians de Cleveland ont bâti leur crédibilité sur la constance et l’efficacité, maximisant chaque dollar investi. Elles prouvent qu’on peut gagner autrement. Mais en 2026, comme souvent dans ces divisions, rien n’est acquis. Une bonne séquence, une éclosion inattendue ou une rotation dominante peut complètement changer le portrait.
Alors, à quoi faut-il s’attendre dans deux divisions Centrales?
Ligue nationale
Les champions moraux de l’an dernier? Les Brewers de Milwaukee, avec leurs 97 victoires. Mais comme toujours dans cette division, on repart à zéro.
La perte de Freddy Peralta fait mal, tout comme certains mouvements qui viennent fragiliser l’équilibre de l’équipe. Cela dit, le noyau demeure très solide. Brice Turang, Jackson Chourio et William Contreras forment une base dynamique, tandis que Christian Yelich continue d’imposer son leadership. Sur le monticule, beaucoup reposera sur la jeunesse. Jacob Misiorowski attire déjà les regards, et la rotation, malgré le retour de Brandon Woodruff comme vétéran, reste jeune et encore à prouver. Une chose est certaine : avec le meilleur réseau de filiales du baseball, Milwaukee ne sera jamais loin.
Du côté des Cubs, on sent que la fenêtre est bien ouverte. L’arrivée d’Alex Bregman vient combler un besoin criant et stabiliser un champ intérieur déjà très mobile avec Dansby Swanson, Nico Hoerner et Michael Busch. Offensivement, l’équipe a les outils pour produire davantage que l’an dernier. Le jeune Moisés Ballesteros sera à surveiller de près.
Mais c’est surtout la rotation qui pourrait faire la différence. L’ajout d’Edward Cabrera donne de la profondeur à un groupe composé de Shota Imanaga, Jameson Taillon, Matthew Boyd et du prometteur Cade Horton. Ce n’est peut-être pas la rotation la plus dominante sur papier, mais elle est complète. Et avec Daniel Palencia en fin de match, les Cubs ont des arguments sérieux.
Les Pirates de Pittbusgth, eux, pourraient être l’équipe surprise. Pourquoi? Parce qu’ils risquent de ne rien donner. Paul Skenes s’impose déjà comme un as, et il est épaulé par Mitch Keller, Carmen Mlodzinski, Braxton Ashcraft et Bubba Chandler. C’est jeune, c’est électrique, et ça peut dominer.
La grande question demeure l’attaque. L’ajout de Marcell Ozuna, Ryan O’Hearn et Brandon Lowe vise à soutenir Oneil Cruz et Bryan Reynolds. Ce n’est pas parfait, mais il y a assez de talent pour espérer une progression notable. Une équipe qui pourrait faire un bond intéressant.
À Cincinnati, l’histoire aurait pu être encore plus belle sans la perte de Hunter Greene. Malgré tout, il y a matière à être optimiste. L’ajout d’Eugenio Suárez amène de la puissance, et surtout, le noyau offensif est prêt à exploser.
Elly De La Cruz est une véritable bombe à retardement, Matt McLain et TJ Friedl apportent de l’énergie, et Tyler Stephenson complète bien l’ensemble. La rotation est jeune, mais intrigante avec Andrew Abbott, Nick Lodolo, Brady Singer, Rhett Lowder et Chase Burns. Et avec Terry Francona aux commandes, il ne faut jamais mésestimer cette équipe.
Finalement, du côté des Cardinals de St. Louis, on est en mode transition. Sous la direction de Chaim Bloom, l’organisation tente de retrouver son identité. Fait intéressant : très peu de vétérans dans ce groupe. Seulement 3 des 26 joueurs qui amorceront la saison avec le grand club auront 30 ans et plus. C’est jeune, c’est imparfait, mais il y aura des apprentissages importants. Et dans une division comme celle-ci, même une équipe en reconstruction peut déranger.
Mes projections
Cubs – 90 victoires
Reds – 87 victoires
Brewers – 85 victoires
Pirates – 84 victoires
Cardinals – 75 victoires
Ligue américaine
S’il y a une division qui refuse de suivre un scénario logique année après année, c’est bien la Centrale de l’Américaine. Rien n’y est jamais complètement stable. Une équipe peut surperformer malgré des lacunes évidentes, pendant qu’une autre, pourtant bien construite, s’écroule sans trop d’explications.
Les Guardians en sont le parfait exemple. Avec un différentiel négatif en 2025 (-6), ils ont tout de même trouvé le moyen de remporter 88 matchs et le titre de division. C’est typiquement Cleveland : maximiser chaque détail. Mais peut-on vraiment répéter ce genre d’exploit?
La question demeure la même : l’attaque sera-t-elle suffisante? L’ajout de Rhys Hoskins, sur un contrat des ligues mineures, ne change pas fondamentalement le visage de l’équipe. Sur la butte, il y a du talent, mais aussi très peu d’expérience. Tanner Bibee et Gavin Williams devront mener la charge, et derrière eux, peu d’expérience. Cela dit, avec José Ramírez comme point d’ancrage, cette équipe ne sera jamais complètement écartée.
À Detroit, on sent clairement que le temps est venu de passer à l’étape suivante. Les Tigers ont terminé à un seul match des Guardians l’an dernier et ont agi en conséquence. L’arrivée de Framber Valdez vient solidifier une rotation déjà impressionnante avec Tarik Skubal, et le retour de Justin Verlander apporte une présence vétérane qui pourrait faire toute une belle différence dans un vestiaire qui cherche à gagner.
Ajoutez à cela Kenley Jansen pour fermer les livres en fin de match, et vous obtenez un groupe de lanceurs probablement le plus complet de la division. Offensivement, Riley Greene, Kerry Carpenter et Spencer Torkelson forment un noyau crédible. Mais tous les regards seront tournés vers Kevin McGonigle. S’il livre la marchandise rapidement, Detroit pourrait bien devenir l’équipe à battre.
Du côté des Royals, la stabilité est le mot d’ordre. Peu de changements, mais une identité de plus en plus claire. Bobby Witt Jr. est déjà une super-vedette, et il est bien entouré par Vinnie Pasquantino et Salvador Perez. L’ajout de profondeur avec des joueurs comme Starling Marte et Lane Thomas vient compléter l’ensemble sans bouleverser la structure. J’ai bien aimé également ce que j’ai vu de Mikael Garcia durant la Classique mondiale
Mais le véritable facteur X, c’est Jac Caglianone. S’il produit à la hauteur de son potentiel, l’attaque des Royals pourrait franchir un autre niveau. Ajoutez une rotation expérimentée et un enclos de releveurs fiable, et vous avez une équipe qui peut sérieusement aspirer au sommet.
Au Minnesota, le portrait est beaucoup plus flou... et franchement inquiétant. Une saison de 70 victoires en 2025 et peu d’indices laissent croire à une amélioration significative. Le talent brut est là : plusieurs anciens choix de première et deuxième ronde, mais le développement ne suit pas.
Byron Buxton doit se sentir bien seul, mais le problème dépasse un seul joueur. Pour espérer rivaliser dans cette division, plusieurs devront connaître la meilleure saison de leur carrière. Et ça, ce n’est jamais une stratégie fiable.
Finalement, chez les White Sox de Chicago, on est encore en pleine reconstruction. Les attentes sont modestes, et avec raison. L’absence de Kyle Teel en début de saison n’aide pas, mais l’objectif est ailleurs.
On surveillera surtout la progression de jeunes comme Colson Montgomery et Chase Meidroth, ainsi que l’adaptation de Munetaka Murakami en Amérique du Nord. Il y aura des moments difficiles, mais aussi quelques signes encourageants. La patience sera essentielle.
Mes projections
Tigers – 93 victoires
Royals – 89 victoires
Guardians – 84 victoires
Twins – 70 victoires
White Sox – 65 victoires
Conclusion
Au final, les divisions Centrales restent fidèles à leur réputation : imparfaites, imprévisibles, mais profondément captivantes.
Ce ne sont peut-être pas les divisions les plus riches ni les plus « glamour » du baseball majeur, mais elles offrent quelque chose que les autres n’ont pas toujours : une véritable ouverture. Ici, pas besoin d’une masse salariale de 300 millions $ pour rêver d’octobre. Il suffit d’un bon noyau, de quelques décisions intelligentes... et d’un peu de magie.
En 2026, les Cubs et les Tigers semblent avoir une longueur d’avance, mais derrière eux, rien n’est joué. Les Reds, Brewers, Royals et même les Guardians ont tous des arguments pour venir brouiller les cartes. Et comme chaque année, une équipe qu’on n’attend pas pourrait très bien forcer tout le monde à revoir ses prédictions.
C’est ça, la beauté des divisions Centrales : elles ne suivent pas le script.
Et honnêtement... c’est peut-être là que le baseball est le plus intéressant.











