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Des contrats exagérés? Pas si vite...

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TABLEAU DES SIGNATURES | TABLEAU DES TRANSACTIONS

En ces premiers jours officiels de la saison 2026-27, l’argent coule à flots dans la LNH. Joueurs autonomes, avec et sans compensation, signent des contrats de plus en plus lucratifs, avec des valeurs annuelles qui en choquent plus d’un. Soudainement, Alex Tuch est mieux payé que Nikita Kucherov, Jacob Trouba (à 32 ans!) ne fait que 200 000 $ de moins que Miro Heiskanen, et Bowen Byram a le même poids sur la masse salariale que Connor McDavid. Et ça ne fait que commencer.

Une nouvelle réalité salariale

De 2019-20 à 2023-24, le plafond salarial a grimpé de 2 millions $. Pas par saison, au total. Nous avons donc eu cinq saisons où tous les nouveaux contrats se plaçaient sur la même échelle. Les joueurs étoiles qui terminaient leur contrat recrues signaient pour environ 8 millions $ (Jack Hughes, Matt Boldy, Cole Caufield, etc). Les 10 millions $ ou plus étaient réservés aux McDavid et MacKinnon de ce monde. Trois millions te donnaient un bon défenseur de 3e paire, et 6 millions te donnaient un mauvais contrat du 1er juillet. Facile de se faire une opinion en voyant la valeur annuelle d’une entente.

Avec le cap qui a déjà explosé de près de 20 millions en deux ans, cette familiarité est chose du passé. Il va falloir sérieusement réajuster notre perception de ce qui constitue une bonne ou une mauvaise entente.

Dans la NFL, NBA, et MLB combinées, les 37 plus gros contrats par valeur annuelle moyenne de leurs histoires ont été signés depuis 2021. Dans la LNH, Connor McDavid a été le joueur le mieux payé pour cinq saisons consécutives de 2017 à 2023, quand MacKinnon l’a surpassé de tout juste 100 000 $. Avance rapide de quelques années et Kirill Kaprizov a fracassé le record avec 17 millions $ par année. L’inflation frappe partout et la LNH n’y échappe pas.

Alors pour aider à apaiser le choc initial en voyant ces sommes astronomiques, j’ai inclus la valeur annuelle équivalente sur le cap salarial fixe des dernières années (81,5 millions $). Prenons la prolongation de contrat d’Ivan Demidov comme exemple. Ses 9,15 millions $ par saison, qui commencent l’an prochain avec un plafond estimé à 113,5 millions $, sont l’équivalent d’un peu moins de 6,6 millions $ sur le plafond de 2019-20.

Clair? Parfait. Passons maintenant à l’analyse de deux prolongations de contrat qui m’ont moi-même initialement choqué, mais qui sont plus raisonnables qu’elles en ont l’air.

Bowen Byram

Contrat 8 ans, 12,5 millions $

Équivalent 2020 : 8,975 millions $

Bowen Byram n’aura que 26 ans lorsque la prochaine saison commencera, mais il a déjà eu une carrière assez mouvementée. Repêché au 4e rang par l’Avalanche grâce à un choix acquis lors de l’échange Matt Duchene, il s’est joint à une équipe qui était sur le point de devenir l’une des puissances de la LNH. Deux ans plus tard, il avait déjà une bague de la Coupe Stanley, obtenant 9 points en 20 matchs de séries. Deux saisons plus tard, il est échangé aux Sabres pour Casey Mittelstadt à la date limite des transactions. Maintenant, après six saisons et plus de 300 matchs, après avoir été bloqué par Cale Makar et Rasmus Dahlin, Byram a pour la première fois de sa carrière l’opportunité de s’établir comme défenseur numéro un avec les Blackhawks.

Chicago n’a pas payé le 4e choix et plus pour le joueur que Byram était avec Buffalo, mais pour le joueur qu’ils croient qu’il peut devenir avec cette opportunité. Il n’a marqué que 17 de ses 152 points en avantage numérique et devrait maintenant se retrouver comme quart-arrière de l’attaque massive aux côtés de Connor Bedard. Byram est un excellent patineur qui a terminé 10e à la position en sorties de zone et 12e en entrées de zone. Il est aussi agressif en zone offensive, avec 29,8% de ses tirs qui proviennent de l’enclave, le plus haut ratio dans la LNH à la ligne bleue l’an dernier. Avec les défenseurs des Hawks qui ont combiné pour seulement 25 buts l’an dernier, le deuxième pire total dans la ligue, l’acquisition de Byram devrait grandement aider leur attaque.

Byram est aussi déjà habitué à jouer de grosses minutes, avec 22:31 par soir lors de ses deux saisons complètes à Buffalo, en plus d’être 2e au chapitre de l’opposition, derrière Mattias Samuelsson. Ses chiffres défensifs ne le placent pas parmi l’élite (environ 48% des buts attendus en sa faveur à 5 contre 5), mais ça demeure très respectable quand tu affrontes les meilleurs éléments adverses soir après soir.

Il est facile de voir la vision qu’avaient les Blackhawks dans cette transaction, mais ça demeure risqué. Ils ont payé gros pour ses services, autant en atout qu’en argent, et rien ne garantit qu’il peut élever son jeu au niveau d’un numéro un quand il n’est pas entouré par Rasmus Dahlin, Owen Power, et un groupe d’attaquants nettement plus fort qu’à Chicago. Mais si on oublie le choc initial en voyant les 12,5 millions $, son contrat est semblable à celui signé par Dougie Hamilton comme joueur autonome lors de l’été 2021, qui prenait lui aussi 11% de la masse salariale. Un prix tout à fait raisonnable s’ils ont vraiment acquis leur défenseur numéro 1.

Tyson Foerster

Contrat: 8 ans, 7,1 millions $

Équivalent 2020: 5,1 millions $

Foerster est un autre exemple parfait d’un contrat qui choque au premier coup d’oeil. Sept millions $ pour un attaquant qui n’a jamais fait mieux que 43 points et n’a joué que 29 matchs l’an dernier? C’est de la folie! Mais 7 millions, c’est le nouveau prix pour un joueur de 2e-3e trio. En 2022, le salaire équivalent d’environ 5 millions $ était en dehors du top-125 chez les attaquants, payé à des joueurs comme Rickard Rakell, Jean-Gabriel Pageau, et Joel Farabee.

Dans le cas de Foerster, c’est un pari à long terme pour un joueur qui a montré le potentiel d’être un bon marqueur secondaire, en plus d’évoluer en avantage et désavantage numérique. Il a marqué 20 et 25 buts lors de ses deux premières saisons complètes et avait 13 buts en 29 matchs avant qu’une blessure au bras en bloquant un tir ne mette fin à sa campagne. Son entraîneur a vanté ses mérites après sa blessure, illustrant que remplacer ses contributions dans l’alignement ne serait pas chose facile.

« Tyson est un joueur de hockey. C’est un franc-tireur, il est intelligent. Il est un des premiers joueurs sur la glace en infériorité numérique, il est évidemment très bon en avantage numérique. Dernière minute d’un match, il est habituellement là », a dit Rick Tocchet après l’annonce qu’il allait rater le reste de la saison.

Bien qu’il ne marquera pas sur 21 % de ses tirs comme il l’a fait en 29 matchs l’an dernier, un joueur qui peut marquer une vingtaine de buts dans ton middle-6 en plus de contribuer sur les unités spéciales et être responsable défensivement est clairement un atout dans toute formation. Et n’oubliez pas, le cap n’a pas fini de monter, alors cet équivalent de 5,1 millions ne deviendra que plus abordable avec les saisons pour l’attaquant qui n’aura pas 25 ans avant janvier.