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Ivanie Blondin s’est toujours démarquée malgré le chaos autour d’elle, peut-être parce qu’elle a vécu une vie chaotique, croit-elle.
Blondin a une fois de plus renforcé cette théorie lors de sa dernière course olympique en carrière, alors qu’elle a gagné l’argent à l’épreuve de départ groupé chez les dames en patinage de vitesse longue piste, samedi, aux Jeux olympiques de Milan-Cortina.
« Je ne baisse jamais les bras quand ça brasse, a dit Blondin, qui est âgée de 35 ans. Ce cran m’a défini durant toute ma carrière. Ça définit aussi comment je patine. »
Dans une finale où le peloton est resté groupé, Blondin a fait partie des patineuses qui ont réussi à livrer la marchandise lors du sprint final.
La Néerlandaise Marijke Groenewoud s’est imposée devant Blondin, qui a devancé l’Américaine Mia Manganello à la ligne d’arrivée.
« Peu importe ce qui arrivait aujourd’hui, je savais que je serais très heureuse si je montais sur le podium », a insisté Blondin.
« J’attendais le bon moment pour attaquer durant le dernier tour. J’ai peut-être été trop patiente et c’est probablement ce qui m’a coûté l’or. Mais nous ne le saurons jamais. »
Valérie Maltais, de La Baie, a chuté dès le troisième tour dans la finale, mais a réussi à rejoindre le peloton trois tours plus tard. Elle a finalement pris le cinquième rang.
« Je pense qu’il y a une fille qui m’a poussée un peu. Nous étions dans la ligne droite et nous n’allions pas très vite, a raconté Maltais. J’ai perdu l’équilibre et j’ai reviré ma cheville. Elle est un peu enflée en ce moment. »
Dans les circonstances, Maltais, qui a remporté des médailles individuelles au 1500 m et au 3000 m à Milan-Cortina, était très heureuse de son résultat final.
« Quand la course a pris fin, j’étais fière parce que j’ai réussi à revenir et à être proche pour le sprint, a souligné Maltais, qui a assuré qu’il lui restait encore du carburant dans le réservoir pour le sprint final. Ce sont des choses qui arrivent dans le départ groupé. Il y a beaucoup d’action, d’accrochage, de crêpage de chignons! »
Blondin, d’Ottawa, avait gagné l’argent dans cette épreuve aux Jeux de Pékin, en 2022. Elle a également pris le deuxième rang lors des trois dernières éditions des Championnats mondiaux.
Il s’agit pour elle d’une deuxième médaille aux Jeux de Milan-Cortina, après la conquête de l’or en poursuite par équipes en compagnie de Maltais et Isabelle Weidemann. Blondin compte désormais quatre médailles olympiques à sa collection.
Comme Maltais, Blondin a commencé sa carrière en patinage de vitesse courte piste. Elle a admis qu’elle était prête à tout lâcher avant de finalement prendre la décision d’aller s’entraîner en longue piste à Calgary.
« J’étais en dépression et j’avais un trouble du comportement alimentaire et j’ai dû m’en sortir, a souligné Blondin. Mes parents voyaient les dégâts et croyaient que c’était terminé pour moi. Ils ne pouvaient plus me voir dans cet état. Puis, j’ai décidé de tenter le longue piste et me voici ici aujourd’hui!
« L’environnement d’entraînement était très différent à Calgary. Il y avait beaucoup plus de liberté. J’étais proche des montagnes. J’ai toujours eu un côté “country”, aimant aller jouer dans la boue, a-t-elle ajouté. Ce côté un peu sauvage cadrait bien avec Calgary, où je pouvais aller dehors, à la pêche, faire du camping. Ça m’a permis de retrouver le bonheur. »
Chez les hommes, Antoine Gélinas-Beaulieu, de Sherbrooke, a pris le sixième rang, tandis que Daniel Hall, de Salmon Arm, en Colombie-Britannique, a été éliminé en demi-finale et s’est classé 24e.
Le Néerlandais Jorritt Bergsma a été impérial et a remporté l’or. Le Danois Viktor Hald Thorup a été récompensé avec l’argent pour avoir travaillé avec Bergsma pendant de nombreux tours. L’Italien Andrea Giovannini a complété le podium, coiffant l’Américain Jordan Stolz à la ligne d’arrivée.
Bergsma et Thorup se sont détachés du peloton dès le troisième tour et n’ont jamais été inquiétés pas la suite. Bergsma a ensuite filé en solitaire avec deux tours et demi à faire.
Gélinas-Beaulieu s’était classé 15e en départ groupé il y a quatre ans aux Jeux de Pékin.
Comme Blondin, Gélinas-Beaulieu, 33 ans, revient de loin, lui qui a souffert d’une dépression il y a deux ans.
« Juste d’avoir pu participer aux Coupes du monde l’automne dernier, c’était un grand objectif d’accompli, a raconté le sympathique moustachu. D’être aux Jeux olympiques, dans une finale avec les gars les plus forts sur la planète, c’était tout un cadeau. »
Au départ groupé, chaque course dure 16 tours avec des sprints intermédiaires après quatre, huit et 12 tours, ainsi qu’un sprint final à l’arrivée.
Les trois premiers à franchir l’arrivée constitueront toujours le podium, puisqu’ils récoltent respectivement 60, 40 et 20 points. Les six premiers patineurs à l’arrivée obtiennent des points, tandis que les trois premiers des sprints intermédiaires obtiennent seulement trois, deux et un points. Après le top-3, les patineurs suivants sont classés en fonction des points amassés lors des sprints. Les patineurs qui n’ont pas récolté de point sont classés en fonction de leur ordre d’arrivée à la toute fin de la course.
L’équipe canadienne de patinage de vitesse longue piste termine donc les Jeux de Milan-Cortina avec une récolte de cinq médailles, soit le même total qu’il y a quatre ans à Pékin.






