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L’or glisse entre les doigts du Canada dans un scénario crève-coeur

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Les Canadiennes dévastées et si près du but

Les Canadiennes dévastées et si près du but

« Ça a été un match extrêmement intense »

« Ça a été un match extrêmement intense »

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Les États-Unis ont battu le Canada par la marque de 2 à 1 jeudi, en finale du hockey féminin aux Jeux olympiques de Milano-Cortina. C’est Megan Keller qui a marqué le but victorieux en prolongation pour offrir la médaille d’or aux Américaines.

Keller a surpris Ann-Renée Desbiens du revers, lançant les célébrations dans le camp américain. Les Américaines ont donc gagné l’or olympique pour une troisième fois depuis l’ajout du hockey féminin au programme des Jeux, en 1998. Le Canada a triomphé lors des cinq autres tournois olympiques.

« C’est triste, on était dans une bonne position en fin de troisième période. Elles ont réussi à marquer, et à trois contre trois, tout peut arriver. L’équipe peut être fière, on a joué avec beaucoup d’acharnement, on a mis beaucoup de cœur. C’est une défaite qui fait mal », a déclaré Desbiens à RDS.

Avant la rencontre, les États-Unis avaient marqué 31 buts et n’en avaient qu’accordé un, lors du premier match du tournoi contre la Tchéquie.

Le défi semblait presque insurmontable, surtout que les Canadiennes n’avaient pas défait les Américaines à leurs sept derniers affrontements.

« Je suis très fière du groupe, il y en a plusieurs qui disaient que nous n’allions pas être capable d’être dans le match », a mentionné la capitaine, Marie-Philip Poulin, à Radio-Canada.

« J’ai aimé la façon dont on a joué tout au long de la partie, on était dans leur face. C’est du hockey, on sait tous et toutes qu’un match contre les Américaines peut aller d’un côté ou de l’autre. Aller en prolongation contre elles, je ne pense pas que c’est une surprise. Malheureusement, ce n’est pas allé de notre côté ».

Ann-Renée Desbiens a dû se dresser tôt dans le match pour le Canada. Abbey Murphy a effectué une incursion en zone canadienne et Desbiens a sorti la jambière pour repousser le tir.

Cependant, sur ce même jeu, les Américaines ont été pénalisées pour une participation illégale, puisque six patineuses étaient sur la glace au même moment.

L’Unifolié a donc pu amener son attaque massive pour la première fois de la rencontre, et a menacé notamment sur un tir provenant du bâton d’Erin Ambrose, mais les Américaines ont résisté.

La gardienne Aerin Frankel, du Fleet de Boston, s’est à nouveau distinguée devant sa cage face aux offensives canadiennes. D’abord, elle a veillé au grain sur un retour de lancer de Laura Stacey, puis sur un tir harponné d’Emily Clark, qui avait soutiré la rondelle des mains de Haley Winn.

C’est sur son jeu de puissance suivant que le Canada a bien failli cafouiller. Renata Fast a perdu la rondelle et Hayley Scamurra a décampé vers le filet de Desbiens. Heureusement, Fast a effectué un excellent repli pour réparer sa bourde.

Ella Shelton a ouvert la porte aux Américaines avec 14 secondes à faire à la première période, et Alex Carpenter est passée bien près d’inscrire les siennes au pointage, mais sa déviation a tout juste raté la cible.

C’était la première fois du tournoi olympique que les États-Unis ne marquaient pas de but lors du premier vingt.

Et les Canadiennes leur ont fait payer. Toujours en infériorité numérique, Laura Stacey a lancé la contre-attaque à deux contre un et a remis à Kristin O’Neill, qui a déjoué Frankel du revers.

Le Canada prenait les devants, et les États-Unis tiraient de l’arrière pour la première fois des JO.

Par la suite les Américaines ont provoqué plusieurs chances de marquer franches, mais ont manqué d’opportunisme. Hannah Bilka et Britta Curl-Salemme ont manqué des filets pratiquement ouverts. Curl-Salemme n’avait qu’à pousser la rondelle dans une cage béante, mais le disque a frappé le manche de son bâton avant de se diriger hors-cible.

Desbiens n’a pas seulement joué de chance. La muraille de Charlevoix a réalisé un arrêt spectaculaire sur un déplacement à sa gauche pour voler un but aux États-Unis.

Frankel lui a rendu la pareille quelques moments plus tard, avec un sauvetage impressionnant sur Sarah Fillier, alimentée par Sophie Jacques.

Après deux périodes, le Canada était en avant.

Au retour des vestiaires, les Américaines sont sorties en lionnes. Elles ont dominé la première moitié du troisième engagement, bourdonnant constamment en zone canadienne.

Alors que les chants des partisans des deux équipes s’intensifiaient, l’arrière américaine Britta Curl a été punie pour avoir donné de la bande. Les arbitres ont consulté les reprises vidéo, mais ont décidé que le geste ne méritait pas plus qu’une punition mineure. Erin Ambrose, la victime du contact, a pris la direction du vestiaire.

Daryl Watts a eu l’occasion de doubler l’avance, mais son tir a ricoché sur le masque de Frankel.

Poulin a obtenu la plus belle occasion durant l’avantage numérique du Canada, mais son lancer à partir de l’enclave a lui aussi effleuré le casque de Frankel avant de passer par-dessus la cible.

Avec moins de trois minutes à jouer, les États-Unis ont retiré leur gardienne, et la stratégie a porté fruit. À son dernier match au niveau olympique, la capitaine Hilary Knight a fait habilement dévier par-dessus la mitaine de Desbiens pour niveler la marque et forcer la tenue d’une période de prolongation. Un véritable scénario de film.

Daryl Watts a été la première à menacer lorsqu’elle s’est échappée vers le filet de Frankel, mais Abbey Murphy l’a rattrapée avant de lui enlever la rondelle.

Un peu plus tard, c’était au tour de Sarah Fillier d’orchestrer une chance de marquer, mais la portière américaine a fermé la porte une fois de plus.

Or, le jeu désorganisé du Canada en prolongation lui a finalement coûté cher, très cher... Megan Keller a pénétré la zone adverse avec la rondelle, déjoué Claire Thompson avec une superbe feinte vers l’intérieur et battu Ann-Renée Desbiens entre les jambières pour couvrir d’or les Américaines.

Une fin cruelle pour les Canadiennes.

« Je pensais que nous y étions, nous avons joué de manière fantastique aujourd’hui… Je pense que nous pouvons être fières, mais nous venons ici avec le but de gagner la médaille d’or », a avoué Natalie Spooner à Radio-Canada.

« Nous nous battons. Nous l’avons montré, nous n’avons pas reculé. Notre échec-avant était incroyable, notre infériorité numérique a produit un but. C’est difficile de perdre de cette manière, de les voir marquer tardivement et à trois contre trois… Je pense que nous avons faire taire certaines personnes. »