Jeux olympiques

Sarault a sorti « la bête » pour le bronze; Boutin avec le coeur gros

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Courtney Sarault avec Arianna Fontana et Michelle Velzeboer (DARRYL DYCK/PC)

ASSAGO — Courtney Sarault a franchi la ligne d’arrivée, a regardé le tableau devant pour voir le classement et a reçu la confirmation qu’elle avait bel et bien terminé en troisième place lors de la finale de l’épreuve de 500 mètres de patinage de vitesse courte piste aux Jeux olympiques de Milan-Cortina 2026.

Son regard s’est ensuite dirigé vers sa gauche, où l’entraîneur-chef du Canada, Marc Gagnon, sautait déjà dans toutes les directions de l’autre côté de la bande pour célébrer.

« Ça me rend émotive parce que je n’aurais pas pu accomplir ceci sans lui, et il ne voudrait pas que je dise ça, car il ne veut jamais prendre le crédit. Mais le fait de travailler avec lui a tout changé pour moi », a raconté la Néo-Brunswickoise âgée de 25 ans.

Sarault affirme que Gagnon l’a aidée à chasser ses pensées négatives et à se concentrer sur le processus et non les résultats. C’est ainsi qu’elle a réussi à s’épanouir sur la patinoire et devenir l’une des meilleures patineuses au monde.

« Je pourrais réussir mon meilleur temps à vie et vous expliquer ce que je n’ai pas fait correctement, a expliqué Sarault. Marc chasse ça. Il me construit avec du positif. »

« Marc a le plus gros coeur au monde et nous connectons à un tel niveau. Nous avons tous les deux beaucoup de coeur et nous travaillons très bien ensemble, a-t-elle ajouté. C’est incroyable de patiner pour lui. Il veut que je patine pour moi, mais il y a une partie qui est pour lui. »

La Néerlandaise Xandra Velzeboer a été impériale tout au long de la soirée, fracassant deux fois le record olympique, ainsi que sa propre marque mondiale en demi-finale. En finale, elle a résisté aux assauts lancés par l’Italienne Arianna Fontana pour gagner l’or.

De son côté, Fontana a ajouté une 12e médaille olympique à sa collection.

Sortir la bête

Sarault a réussi à tout juste devancer la Néerlandaise Selma Poutsma en fin de course pour terminer en troisième place lors de la finale. Elle a ainsi remporté une première médaille individuelle en carrière aux Jeux olympiques.

Le départ avait d’abord été repris en raison de la chute de Poutsma dans le premier virage à la première tentative.

Sarault est allée près de la section des entraîneurs pour s’assurer que ses lames n’avaient pas été endommagées en touchant à Poutsma. Pendant ce temps, Gagnon et elle ont communiqué du regard sans même avoir à se dire des mots.

« C’est go! Vas-y! Je lui dis toujours “Sors la bête!”, parce que c’est une patineuse combative », a raconté Gagnon.

Sarault a justement sorti la bête. Toujours coincée quatrième avec un tour à faire, Sarault a attaqué Poutsma par l’extérieur et a eu besoin des deux virages pour y arriver et la devancer par 133 millièmes de seconde.

« J’aurais regretté de ne rien tenter, a souligné Sarault. Passer par l’extérieur lors d’un 500 mètres, ce n’est vraiment pas facile. Et en plus, je glissais beaucoup. J’ai tenté ma chance et ç’a fonctionné. »

Gagnon était particulièrement ému par la performance de Sarault, puisqu’il a noté que sa préparation n’a pas été facile lors des derniers mois. Sarault a connu un automne éclatant et a remporté le Globe de cristal sur le Circuit mondial de l’ISU. Gagnon a mentionné à quel point ce n’était pas toujours facile pour un athlète de gérer la pression associée au fait d’avoir la cible dans le dos.

« C’était sa première grande réalisation, a rappelé Gagnon. Elle avait tellement travaillé toute l’année. Quand vous gagnez quelque chose comme ça, vous avez envie d’une pause et ça marque habituellement la fin de la saison. De se remotiver après, et il y avait un paquet de choses mélangées ensemble, ce n’était pas facile. Mais elle l’a fait! »

Les yeux rougis de Kim Boutin

La quintuple médaillée olympique Kim Boutin était aussi de la finale du 500 m, après de bonnes performances en quarts de finale et en demi-finales. Cependant, sa course en finale a vite viré au cauchemar.

Boutin a dû ralentir pour éviter un contact avec Sarault dès le départ, ce qui lui a coûté sa vitesse. La Sherbrookoise âgée de 31 ans n’a jamais été en mesure de remonter le peloton en finale et s’est classée cinquième, loin derrière les autres patineuses.

« J’ai trouvé ça dur. Ce n’est pas une cachette, j’ai travaillé fort pour revenir du mieux que je pouvais. Pour moi, ça fait mal », a dit Boutin, qui a été affectée par des blessures au début de l’automne et en décembre.

Boutin, qui en est à sa dernière participation aux Jeux olympiques, avait remporté le bronze au 500 m aux Jeux de Pyeongchang en 2018 ainsi qu’à ceux de Pékin en 2022.

Florence Brunelle, de Trois-Rivières, a gagné la finale B pour se classer sixième.

Les trois patineuses canadiennes ont contribué à la conquête de l’argent du Canada au relais mixte 2000 m, mardi.

Les épreuves de patinage de vitesse courte piste se poursuivront samedi avec la présentation des qualifications au 1000 m et les demi-finales au relais 3000 m chez les dames. Du côté des messieurs, des médailles seront remises au terme de la journée au 1500 m.