MONTRÉAL – À notre arrivée au MTelus pour la soirée de lancement de la saison 2026 du CF Montréal, le visage de Samuel Piette était mis en évidence sur une grande affiche accrochée à la gauche de la scène. Sur un tableau électronique allumé pas très loin, le capitaine apparaissait en compagnie d’Efrain Morales, Prince Owusu et Hennadii Synchuk pour faire la promotion d’un nouveau maillot.
Une fois la soirée commencée, Piette a été l’un des premiers joueurs présentés à la foule lorsqu’il a été invité à participer à une session de questions et réponses en compagnie d’Owusu et de l’entraîneur Marco Donadel.
Dans n’importe lequel des huit événements précédents, rien de tout ça n’aurait été digne de mention. Piette est depuis longtemps l’un des visages du club, un joueur que le président Gabriel Gervais a qualifié d’« emblématique » il y a à peine un an, lors de l’annonce de l’octroi d’un nouveau contrat de trois ans au numéro 6.
Mais cette année, il existe jusqu’à maintenant un décalage important entre la place que Piette a l’habitude de prendre dans l’entourage de l’équipe et dans la communauté et son rôle sur le terrain.
Le milieu de terrain de 31 ans n’a débuté qu’une seule des six rencontres du CF Montréal et lors de cette unique titularisation, il a été retiré du match à la mi-temps à la faveur de Matty Longstaff. Depuis, la durée de ses contributions a oscillé entre neuf et 33 minutes. À deux reprises, il a terminé le match au même endroit qu’il l’avait commencé, c’est-à-dire sur le banc.
Que le sort réservé au valeureux vétéran soit sportivement justifiable ou non, la foule massée au parterre de la salle de spectacle semblait s’en foutre. Piette a été le plus applaudi pendant la traditionnelle présentation des joueurs, lorsqu’il a fermé la parade au son de Live is Life d’Opus. C’est aussi lui qui est resté le plus longtemps pour signer des autographes une fois les micros des maîtres de cérémonie éteints.
« Ça fait du bien, pas nécessairement plus qu’une autre année, a-t-il mis en perspective une fois arrivé devant les journalistes. C’est sûr que c’est un début de saison différent pour moi, mais juste le fait d’être ici, je suis super content. Recevoir cet amour-là, ça fait beaucoup de bien. Ça démontre encore à quel point les gens t’aiment malgré le fait que tu joues moins. »
Piette avale les minutes depuis son arrivée en MLS en 2017. Il a franchi le cap des 2000 minutes jouées dans trois saisons et l’aurait fait une quatrième fois si la campagne 2020 n’avait pas été affectée par une pandémie. L’an dernier, il a joué une partie de la saison en dépit de problèmes de santé qui l’ont finalement forcé à rater une dizaine de rencontres.
Il assure aujourd’hui être en pleine santé. « Je suis plus fort physiquement que l’an dernier. Je suis plus fort que je ne l’ai jamais été, donc je me sens super bien. » Malgré ça, il doit se contenter de miettes tandis que Donadel lui préfère Longstaff et Victor Loturi. L’acquisition récente de Frankie Amaya vient congestionner encore plus le milieu de terrain, de sorte que le chemin de Piette vers un rôle accru s’enfonce dans un épais brouillard.
« Je suppose qu’en ce moment, c’est peut-être une question de profil, une question de fit, suggère-t-il plutôt sereinement. C’est sûr que je joue moins. La manière qu’on joue, aussi, ça colle peut-être moins à mes qualités premières, je pense. [Présentement], on joue avec deux milieux qui couvrent beaucoup de terrain, qui sont autant à l’arrière qu’à l’avant alors que moi, je suis plus en sentinelle devant la défense. »
« La question n’est pas que Samuel doit gagner ma confiance, a clarifié Donadel, avec qui Piette assure entretenir une bonne relation. Samuel a joué beaucoup de matchs et il ne doit pas me donner confiance. Je sais ce que Sam peut faire, je sais ce que les autres peuvent faire aussi. Nous avons beaucoup de joueurs et nous avons une façon claire de jouer maintenant. J’ai beaucoup de confiance avec ça. »
Gillier : « On n’a pas d’excuses »
L’an dernier, le CF Montréal avait convié ses membres au MTelus après le troisième d’une série de sept matchs sur la route pour commencer la saison. Cette année, les retrouvailles précédaient de trois jours le grand jour d’ouverture au Stade Saputo, à l’horaire samedi après-midi contre l’Union de Philadelphie.
Comme c’est devenu une tradition, l’Impact retrouve son domicile amoché après une amorce compliquée sur les terrains adverses. Il n’a passé qu’un seul de ses six premiers tests et affiche le deuxième pire différentiel de la ligue avec sept buts marqués pour 17 buts concédés.
Le portrait n’est pas chic, mais Thomas Gillier est convaincu qu’il n’est pas le reflet fidèle de ce que ses coéquipiers et lui ont à offrir. Le bouillant gardien voit devant lui une équipe qui a tout ce qu’il faut pour jouer des matchs éliminatoires à la fin de la saison.
« On n’a pas d’excuses pour les six premiers matchs. On a fait des matchs horribles, des performances mauvaises. On peut parler d’expected goals, on peut parler de ce que tu veux, on peut parler qu’on a tiré 200 fois, mais les matchs, on les gagne avec des buts. On ne prend pas 17 buts en six matchs, ça ne se fait pas. On va essayer de montrer une meilleure tête, mais il faut arrêter de parler. Il faut commencer à rentrer sur le terrain avec des résultats. On a l’effectif pour le faire. »
En 2025, le CF Montréal a conclu sa saison avec une fiche de 2-9-6 à domicile. La visite de l’Union, seule équipe toujours sans victoire en MLS, est l’occasion parfaite de prendre ses distances de cette gênante récolte.







