Ce qui devait être la grande rentrée montréalaise de Marco Donadel, s’est plutôt transformée en dernière sortie à la barre du CF Montréal. Un peu plus de 24 heures après avoir remercié son entraîneur, Luca Saputo s’est adressé aux médias pour expliquer sa décision.
À tous les chapitres
À quoi ressemble une équipe de Marco Donadel? Plus d’un an après son arrivée comme entraîneur par intérim, c’est une question qui reste en suspens. Probablement parce qu’on préparait les matchs en fonction de l’adversaire plutôt qu’en fonction de ses propres qualités.
Au final, le match contre Philadelphie s’est avéré un cadeau pour une direction qui se posait déjà des questions. En voyant cette séance de garrochage de ballons, l’inévitable crevait les yeux. Il était impossible de poursuivre dans une voie qui ne rapportait ni points au classement, ni plaisir ou espoir.
Luca Saputo a dit s’appuyer sur trois piliers pour analyser le travail du coach. Le style, la progression des joueurs et les résultats. À tous ces chapitres, les voyants étaient au rouge depuis le début de la saison.
Malgré toute la mauvaise presse qui vient avec, je comprends le CF Montréal d’avoir tiré la plug.
Et le club, lui?
Dans l’immédiat, c’est Marco Donadel qui boit la tasse. Le club aurait tout de même intérêt à prendre le recul nécessaire pour constater sa part de responsabilités.
Le CF Montréal embauche mal, point. C’est probablement pourquoi les coachs à y connaître un véritable succès ont tous été des promotions de gens déjà à l’interne depuis des années.
Comment peut-on être aussi souvent (et rapidement) pris de court par les idées ou la personnalité du coach? En 2023, on présentait Hernan Losada comme la continuité du style de possession préconisé par Wilfried Nancy. Il a plutôt choisi la contre-attaque, ce que déplorait Olivier Renard quelques courts mois plus tard.
En 2024, Laurent Courtois allait au clash avec son attaquant vedette et se disait trahi par Josef Martinez. Le temps nous a appris que le relationnel n’était pas son point fort. Le savait-on au moment de lui faire signer un contrat?
Cette saison, on a rapidement compris que Donadel avait une approche résolument défensive basée sur un marquage homme à homme à haut risque qui ne cadrait pas du tout avec les qualités du capitaine. Était-on au courant avant de lui donner le poste à temps plein en octobre?
Si le CF Montréal a une bonne marge de progression possible sur le terrain, il en va de même pour son processus d’embauche.
Créativité
Questionné sur les investissements modestes du CF Montréal (en comparaison aux autres clubs de MLS), Luca Saputo a souligné l’importance d’être créatif. L’arrivée d’Ivan Jaime en est un bon exemple. Plutôt que de claquer 5M$ sur un joueur désigné qui ne connait pas la ligue, on a choisi de la faire venir en prêt pour se faire une tête avant de s’engager pleinement.
Le problème n’est pas d’utiliser la créativité pour compenser le manque d’investissements financiers, c’est de devoir le faire dans tous les domaines. L’effectif, le coach, l’absence d’équipe réserve, les stade… ça en fait de la créativité à générer. Quelqu’un a le numéro de Guy Laliberté?
Pour gagner comme il dit vouloir le faire, le CF Montréal ne s’en sauvera pas. Il devra investir plus dans l’effectif.
Pas dans la course?
C’est sans grande surprise que Philippe Eullaffroy s’est vu confier la barre par intérim. Un peu plus surprenant d’apprendre qu’il était déjà rayé de la liste de candidats par contre.
Saputo dit vouloir un coach avec un leadership fort, qui connait la MLS ou un championnat comparable (Belge? Scandinave?), bon avec les jeunes et qui a une philosophie sportive tournée vers l’attaque. Ceux qui l’ont côtoyé vous diront que c’est littéralement la description d’Eullaffroy.
Qu’on décide d’y aller avec quelqu’un d’autre en bout de ligne, je pourrais comprendre. L’exclure d’emblée de la conversation me semble être une incohérence monumentale.




