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Le réalisme de Marco Donadel

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BRADENTON, Floride – Les joueurs du CF Montréal venaient tout juste de compléter dans la bonne humeur un exercice dans lequel un petit groupe de sept ou huit individus disposés en cercle devait effectuer à tour de rôle un maximum de touches avant que le ballon ne soit intercepté. L’entraîneur-chef Marco Donadel les a ensuite conviés à marcher vers un terrain adjacent pour passer à la portion sérieuse de l’entraînement de ce vendredi midi ensoleillé.

Au menu, un exercice à onze contre onze qui jetait les bases en vue du premier match de la saison que le CF Montréal disputera le 21 février prochain à San Diego. Particulièrement volubile, Donadel n’hésite pas à interrompre l’action pour apporter des ajustements. Les explications sont claires, parfois teintées d’humour et de... jurons, pour alléger l’ambiance.

Mais Donadel ne fait pas que parler. Plus d’une fois, il se rue sur le gardien Thomas Gillier ou sur un défenseur central pour précipiter la prise de décision du joueur en possession du ballon. À plusieurs reprises pendant le passage de RDS.ca au camp d’entraînement du CF Montréal en Floride, Donadel a pris un joueur ou un petit groupe de joueurs à part pour leur montrer comment agir sur le terrain en effectuant le geste au lieu de seulement l’expliquer.

Autant le technicien italien semble prendre plaisir à transmettre ses connaissances, autant il avouera après coup qu’il ne s’agit pas de la portion préférée de son travail. Sauf qu’il n’a pas le choix de mettre autant la main à la pâte en raison de la jeunesse de son effectif et des nombreux changements à la formation depuis la conclusion de la dernière campagne.

« J’aime quand les joueurs peuvent jouer et trouver des solutions tous ensemble. Mais mon travail, c’est également d’être réaliste, a confié Donadel au cours d’un long entretien avec RDS.ca la semaine dernière en Floride. Nous avons six ou sept nouveaux joueurs qui se sont greffés à l’équipe (deux de plus depuis l’entrevue, NDLR) et il y a de nombreux jeunes. »

Plusieurs joueurs qui ont multiplié les minutes en 2025 ne sont en effet plus avec le Club et ont été remplacés par des joueurs aux profils hétéroclites. Certains possèdent l’expérience de la MLS, d’autres pas. Du lot, il y a de très jeunes joueurs dont il est encore impossible de mesurer tout le potentiel. Bref, Donadel cherche vivement le réel parmi toute l’incertitude.

« Je dois leur démontrer que dans ma tête, tout est clair, a-t-il expliqué. L’autre jour, nous avons travaillé pendant 40 minutes sur les tirs cadrés dans la surface. Quand j’étais joueur, je détestais cela, mais j’ai perdu énormément de matchs importants dans ces situations-là.

« Nous avons travaillé sur certains aspects précis depuis le début du camp, à Marbella et en Floride. L’objectif, c’est qu’une routine s’installe et que les joueurs s’entraident pour trouver eux-mêmes la solution. Pour les jeunes, c’est la meilleure façon de s’améliorer rapidement.

« Je ne veux pas trop parler, mais si les joueurs ont besoin de moi, ont besoin de conseils ou besoin de parler, je peux le faire, puisque mon “staff” et moi savons ce que nous voulons. »

Sans nécessairement dire que c’est précisément ce qui a fait défaut la saison dernière – il a été nommé de manière intérimaire après le cinquième match en relève à Laurent Courtois dont il était l’adjoint –, Donadel souhaitait ardemment créer un esprit de corps au sein de l’effectif pour son premier camp d’entraînement en tant qu’entraîneur-chef du CF Montréal.

« Quand le moteur est plus fort et solide, quand toutes les personnes derrière poussent dans la même direction, c’est vraiment plus facile pour moi d’aider les joueurs et l’équipe à atteindre tous leurs objectifs, a-t-il précisé. C’était la chose la plus importante pour moi en amorçant le camp d’entraînement. C’est vraiment ce qui est à la base de tout dans ce sport.

« Après, il y a évidemment le travail. Et le travail, ce n’est pas de la magie. Tous les jours, nous devons améliorer quelque chose. Nous devons continuellement chercher à corriger les erreurs que nous avons commises précédemment. Et plus nous parviendrons à ajouter des éléments positifs à notre jeu d’ensemble, plus nous pourrons aspirer à la perfection.

« Donc si tout le monde y met son cœur dans tout ce que nous faisons, cela sera bien plus facile. Parce qu’il n’y a pas une seule équipe dans le monde qui a gagné sans avoir cela. »

Les plus cyniques pourront toujours arguer que la carte du collectif est la seule que Donadel possède dans sa manche, le CF Montréal ne comptant en ses rangs qu’un joueur désigné – Iván Jaime – un milieu de terrain cherchant à relancer sa carrière après un début de carrière pas nécessairement concluant dans son Espagne natale ainsi qu’au Portugal.

Qui plus est, le Club ne compte toujours pas sur un ailier gauche digne de ce nom à ce jour.

Mais qu’importe, Donadel fera avec ce qu’il a sous la main, tout en demeurant assez lucide.

« Je suis très content de l’attitude de l’équipe jusqu’à maintenant, mais nous devons être réalistes, a-t-il conclu. Nous jouons nos six premiers matchs à l’extérieur et il y en aura trois ou quatre contre de très bonnes équipes. Nous devrons être solides et bien préparés à cela.

« Mais je pense que je peux aider ce Club. J’espère être ici pour plusieurs années, même si l’expérience ne pourrait durer que trois mois. J’aime quand le soleil se lève sur la ville, les couleurs sont magnifiques. J’aime le froid et la neige. À vrai dire, j’aime tout de Montréal. »