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L’improbable histoire de Roberto Lopes

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Roberto Lopeset Deroy Duarte (Photo Cristiano Barbosa/Getty Images) (Sportsfile/Sportsfile via Getty Images)

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Né à Dublin et recruté via LinkedIn pour jouer avec le Cap-Vert sans parler un mot de portugais, Roberto Lopes a été l’un des héros du match nul historique à la Coupe du monde 2026 contre l’Espagne lundi dernier, et espère déjouer à nouveau les pronostics face à l’Uruguay dimanche.

Le défenseur central des Shamrocks Rovers de Dublin, dont le père est Cap-Verdien, a cru à une blague en 2018 lorsqu’il a reçu sur LinkedIn un message du sélectionneur de l’époque du Cap-Vert Rui Aguas, qui lui demandait s’il souhaitait rejoindre l’équipe nationale.

« J’ai cru que c’était un pourriel. C’était en portugais, que je ne comprenais pas à l’époque » expliquait en 2024 à l’AFP Roberto Lopes, surnommé « Pico ».

Neuf mois plus tard, le sélectionneur revient à la charge pour le solliciter, « cette fois heureusement en anglais ». « J’ai dit oui bien sûr, et je me suis confondu en excuses, et que si ça tenait toujours j’aimerais beaucoup en être. »

Roberto Lopes fait ses débuts avec les « Requins bleus » face au Togo en 2019 - l’année de ses 27 ans -, avant de participer à la montée en puissance du Cap-Vert sous les ordres du nouveau sélectionneur Pedro Leitao Brito, alias « Bubista ».

Lopes et ses coéquipiers ont ainsi disputé deux Coupes d’Afrique des nations en 2021 (8es de finale) et 2023 (quart de finale) et décroché un billet historique pour la première Coupe du monde de l’histoire du petit archipel.

Le nul héroïque contre l’Espagne

Pour leurs grands débuts dans une Coupe du monde, les Requins bleus ont obtenu la semaine dernière un nul de prestige (0-0) contre l’Espagne de Lamine Yamal, championne d’Europe et l’une des favorites au titre suprême, grâce à une défense héroïque, et plusieurs arrêts décisifs de leur gardien Vozinha, 40 ans.

À Atlanta, Roberto Lopes a joué sous les yeux de ses parents, de ses deux frères, de sa femme et leur fils Diego, âgé de sept mois.

« Il a dormi la majeure partie du match. Ça montre à quel point l’Espagne était ennuyeuse », a plaisanté Judy Lopes, la mère de Roberto, auprès du média irlandais RTE.

Agent immobilier, Roberto Lopes jouait aux Bohemians de Dublin lorsque les Shamrock Rovers l’ont appelé en 2017, pour lui faire signer un premier contrat professionnel : un choix payant, vu qu’il a depuis remporté avec eux cinq titres de champion d’Irlande.

Le défenseur aux 46 sélections avec le Cap-Vert, qui a fêté le 17 juin ses 34 ans, ne regrette pourtant pas d’avoir poursuivi ses études, pour avoir un plan B en cas d’échec de sa carrière de footballeur.

« Si je n’étais pas allé à l’université, je n’aurais pas su ce qu’était LinkedIn », a-t-il plaisanté dans les colonnes de l’Irish Sun. « L’éducation est aussi importante (que le foot). J’ai pu trouver un équilibre (entre le travail et le football). »

Mais avant même de devenir footballeur pro, Roberto Lopes avait déjà rêvé de jouer avec le Cap-Vert, lorsqu’il les avait vu disputer la première CAN de leur histoire en 2013, dont ils avaient atteint les quarts de finale.

« Je suis un rêveur. Vous regardez en vous disant “Est-ce que ça pourrait être moi ? Est-ce que ça pourrait m’arriver?” », se souvient Lopes auprès de l’Irish Sun.

Treize ans plus tard, la réponse a sûrement dépassé ses rêves les plus fous, alors que le Cap-Vert se prépare à se frotter à l’Uruguay dimanche à Miami.