PARIS – Il y aura une nouvelle championne aux Internationaux de tennis de France cette année, et deux Ukrainiennes figurent parmi les favorites.
Invaincue sur terre battue cette saison, Marta Kostyuk (15e) a atteint les quarts de finale pour la première fois de sa carrière à Roland-Garros, dimanche, en défaisant Iga Świątek (troisième) 7-5 et 6-1, à l’occasion de l’anniversaire de la Polonaise.
Elle affrontera maintenant sa compatriote Elina Svitolina (septième), de sorte qu’une Ukrainienne est assurée de participer aux demi-finales sur la terre battue parisienne pour la première fois depuis le début de l’ère professionnelle (1968). Svitolina a éliminé la Suissesse Belinda Bencic (11e) 4-6, 6-4 et 6-0.
« Il y aura une Ukrainienne en demi-finale, c’est déjà formidable », a lancé Svitolina, alors que son pays est en guerre avec la Russie depuis quatre ans.
« Je pense qu’il ne pourrait y avoir de plus gros exploit pour le tennis ukrainien, a-t-elle ajouté. Dans une situation aussi difficile en ce moment avec la guerre, l’invasion, c’est vraiment, vraiment difficile, et je pense que c’est une véritable source d’inspiration pour la prochaine génération de croire que, oui, c’est possible un jour de jouer sur ce terrain et de gagner. »
Toutes les championnes encore actives ont été éliminées à Roland-Garros, incluant Swiatek et l’Américaine Coco Gauff, samedi. C’est également le cas chez les hommes.
Kostyuk a été la meilleure joueuse sur terre battue jusqu’ici cette saison. Elle a tenté de retourner tous les coups de Świątek, mais a également produit de superbes coups gagnants en fond de court, tandis que sa rivale s’est mise en difficulté avec ses propres erreurs.
Un intense duel de fond de terrain s’est engagé dès le début, et Świątek a obtenu le premier bris lorsqu’elle a eu le dernier mot au terme d’un long échange avec un revers gagnant. Kostyuk est immédiatement revenue à service égal, mais a perdu son service à nouveau pour offrir à Świątek une avance de 5-4.
La joueuse polonaise a montré des signes de nervosité en commettant une double faute, en envoyant un coup droit largement hors du terrain, puis en ratant une volée au filet, permettant à Kostyuk d’égaliser à 5-5. Świątek a commis deux autres doubles fautes dans le 12e jeu, et son adversaire ukrainienne a remporté la manche avec un revers.
Świątek a ensuite brièvement quitté le terrain. Pendant ce temps, Kostyuk est restée active, s’échauffant et sautillant près de sa chaise, avant de recevoir quelques applaudissements en esquissant quelques pas de danse au rythme de la musique jouant dans le stade.
Après une première semaine marquée par une vague de chaleur suffocante, les températures ont chuté à 21 degrés Celsius aux alentours de midi, à Paris.
Lorsque le jeu a repris, Świątek a brisé, mais une nouvelle double faute, combinée à d’autres fautes directes, a permis à son adversaire de revenir à 1-1. Kostyuk a ensuite remporté les cinq derniers jeux.
Kostyuk avait atteint le quatrième tour à Roland-Garros en 2021, où elle avait perdu contre Świątek.
La joueuse ukrainienne est dans une excellente forme et a porté sa série de victoires sur terre battue à 16 matchs. Avant Roland-Garros, elle avait remporté le tournoi de Madrid – le plus grand titre de sa carrière – après avoir décroché un autre titre sur terre battue à Rouen, en France.
« Ce qui est le plus important, c’est que j’essaie vraiment de m’amuser, a-t-elle déclaré. Ça m’aide. Je veux continuer à m’amuser. J’essaie de ne pas me concentrer du tout sur la victoire ou la défaite, car je ne joue pas au tennis pour gagner, je joue au tennis parce que j’aime ça. »
17 ans plus tard
La Roumaine Sorana Cirstea (18e), qui prévoit de prendre sa retraite à la fin de la saison, a battu la qualifiée chinoise Wang Xiyu (148e) 6-3 et 7-6 (4) pour atteindre les quarts de finale pour une deuxième fois à Roland-Garros, 17 ans après sa première.
L’écart entre la première et la deuxième apparition de Cirstea en quart de finale d’un Grand Chelem à Paris est le plus long jamais enregistré par une femme dans l’ère professionnelle.
« Il n’y a pas de date d’expiration pour l’ambition et les rêves, a déclaré Cirstea. Et j’ai tellement de passion pour ce sport. J’adore absolument le tennis, et être capable de jouer à ce niveau, avec ma famille, mon équipe et mes proches qui me regardent, c’est une joie absolue.
« Parfois, la société nous place dans certaines catégories en fonction de l’âge, mais je pense qu’on est libres de faire ce qu’on veut dans la vie, et moi, je veux jouer. Et me voilà. »
Andreeva rejoint Cirstea en quarts de finale
La Russe Mirra Andreeva (8e mondiale) a écarté dimanche la Suissesse Jil Teichmann (170e) pour rallier les quarts de finale de Roland-Garros, où elle affrontera la Roumaine Sorana Cirstea (18e) dans un choc de générations.
À 19 ans, Andreeva s’est imposée 6-3, 6-2 sur le court Suzanne-Lenglen contre une des invitées surprise de la deuxième semaine, qui avait éliminé en deux sets la finaliste de l’édition 2023 Karolina Muchova (10e) au tour précédent.
« J’ai bien mieux joué dimanche qu’en première semaine », a estimé la gagnante, qui avait laissé échapper un set au deuxième tour contre l’Espagnole Marina Bassols (175e).
Contre Teichmann, ex-21e mondiale qui avait déjà atteint les huitièmes de finale de Roland-Garros en 2022, “je ne pouvais pas me permettre de faire les mêmes erreurs que lors de mes premiers matches”, a-t-elle ajouté.
Demi-finaliste à Paris en 2024 et quart-de-finaliste en 2025, la Russe a signé dimanche sa 33e victoire de la saison (un record sur le circuit WTA) et sa 19e sur terre battue.
Elle s’apprête à défier une joueuse qui enchaîne les performances depuis qu’elle a annoncé que 2026 serait sa dernière saison professionnelle.
À 36 ans, la demi-finaliste du récent WTA 1000 de Rome Sorana Cirstea (18e, meilleur classement de sa carrière) s’est qualifiée dimanche pour son deuxième quart de finale à Roland-Garros, 17 ans après le premier.
Andreeva l’a toutefois battue lors de leur seul duel sur le circuit WTA, en avril sur la terre battue du WTA 500 de Linz (Autriche) qu’elle a remporté quelques jours plus tard.






