GUIDE DU RDS.ca | CALENDRIER | CLASSEMENT | STATS | ÉQUIPE
VANCOUVER – Si le récent match nul du Canada contre la Bosnie-Herzégovine et le point soutiré ensuite à la Suisse par le Qatar n’avaient pas déjà ramené tout le monde sur terre, les résultats de la journée de lundi à la Coupe du monde devraient avoir fait le boulot.
Depuis que la composition des groupes est connue, le match que le Canada disputera contre le Qatar jeudi est considéré comme un cadeau tombé du ciel pour l’équipe hôtesse. Une occasion presque trop belle de prendre trois points et d’ainsi se positionner avantageusement dans la hiérarchie du groupe B.
Mais ce que les stades de l’Amérique du Nord crient depuis une semaine, c’est que le classement de la FIFA ne vaut rien à l’intérieur de leurs murs. Alors que les Canadiens reprenaient l’entraînement en vue de leur premier de deux matchs à Vancouver, l’écho de cet avertissement a assurément atteint leurs oreilles.
Dans chacun des quatre matchs à l’horaire lundi, l’équipe négligée sur papier a trouvé le moyen d’en ressortir avec un point.
La journée a commencé par la plus grande surprise de toutes, une parité de 0-0 entre l’Espagne (2) et le Cap-Vert (67). Puis l’Égypte (29) a fait peur à la Belgique (9), l’Uruguay (16) s’est fait fermer la porte par l’Arabie saoudite (61) et la Nouvelle-Zélande (85) a su protéger son acquis contre l’Iran (20).
Avec une Coupe du monde à 48 équipes, on craignait que les dégelées comme le 7-1 que l’Allemagne a servi au Curaçao en fin de semaine soient fréquentes. Mais les petites nations tiennent plus que leur bout jusqu’à présent. Dans le ciel du Canada, qui a commencé le tournoi 26 rangs devant le Qatar au palmarès mondial, il s’agit d’un drapeau hissé en prévention de la complaisance.
« Je crois que c’est un signe que si tu es capable de bien défendre et de rester compact, tu peux t’accrocher contre n’importe quel adverse, a noté Alistair Johnston de cette journée complètement folle. C’est une bonne leçon qui nous rappelle que tous les matchs vont être serrés. »
« Peu importe ce que disent les chiffres, comme ‘Oh, cette équipe a tendance à s’essouffler après 70 minutes’, c’est la Coupe du monde! Tout le monde va trouver une petite réserve d’énergie quand ça compte. Autant ça peut être difficile de rester hermétique si vous vous déplacez latéralement dans un bloc bas, les équipes vont trouver le moyen de se pousser mentalement jusqu’à la ligne d’arrivée et ça va être difficile de trouver le but qui va faire la différence. On est en bien conscients. »
On le mentionnait plus tôt, le Qatar a déjà trouvé le moyen de faire trembler un favori. À son premier match, contre l’équipe la mieux cotée du groupe B, il s’est maintenu à distance de frappe après avoir concédé tôt et a trouvé le but égalisateur à la quatrième minute du temps additionnel.
Toutes les statistiques finales suggéraient que la Suisse aurait dû en disposer aisément, mais la voilà aujourd’hui à devoir refaire ses calculs. Et plutôt que de se préparer pour une équipe fragilisée et vulnérable, le Canada s’attend à avoir devant lui un négligé gonflé d’espoir.
« Je crois que ce match contre la Suisse est une vitrine parfaite sur ce à quoi peut ressembler la mentalité de cette équipe [du Qatar], est d’avis Johnston. En attaque, ils ont quelques joueurs talentueux, un peu rebelles et imprévisibles. En revanche, c’est une équipe qui défend très bien en groupe. Contre la Suisse, on pouvait voir qu’ils y croyaient jusqu’à la toute fin. Les Suisses jugeaient probablement qu’ils méritaient une meilleure avance à la demie, mais la réalité était tout autre et c’est revenu les hanter à la toute fin. »
« Ça va être un match difficile, s’attend Stephen Eustaquio. Ça a toujours été un match qu’on devait gagner, même avant de savoir ce qu’on ferait contre la Bosnie. On devrait tenir le ballon la majorité du temps, mais en même temps eux aussi devraient pousser parce qu’une victoire leur offrirait les mêmes possibilités que nous. Ça va être un match compliqué, mais très intéressant. »
Récemment, le Canada a peiné à se faire justice contre des adversaires moins bien classés sur la scène mondiale. La Bosnie, l’Irlande, l’Ouzbékistan, la Tunisie et l’Islande étaient tous situées dans la deuxième moitié du top-100 au moment d’être confrontés aux Rouges, mais ces derniers ont soutiré une seule victoire et quatre matchs nuls de cette série de tests.
Il n’est pas impossible que le synopsis commun à la majorité de ces matchs – une équipe rapide et dynamique multiplie les menaces contre un adversaire replié en défensive, mais ne peut se récompenser et finit par en payer le prix – puisse servir à résumer le prochain.
Le Canada a deux jours pour trouver des façons d’éviter de rejouer dans le même film.
« La Suisse s’est créé un paquet de chances et n’a juste pas pu les finir, honnêtement, a décidé de retenir Richie Laryea. Ils ont trouvé plusieurs façons de créer des brèches dans la défensive du Qatar. On a regardé ça et on tentera de faire la même chose, d’avoir nos chances et d’en profiter. »






